Placée sous le vocable de Notre Dame de l'Assomption, cette église, mentionnée dès 1234, dépendait du prieur de Neuville les Dames.

Au-delà du clocher néogothique, l'église s'ouvre sur une nef, replafonnée en 1900, adjointe de quatre chapelles latérales.

L'abside en cul-de-four, sans doute du XII° siècle, offre une alternance de cinq arcades inégales en plein cintre séparées par des colonnettes surmontées de chapiteaux ornés de figurations végétales de feuille d'eau et de feuilles d'acanthe.

A l'extérieur, en façade sud, trois gargouilles du XV° siècle représentent des animaux grotesques.

La restauration de la toiture et des murs sera achevée fin 2006, redonnant tout son lustre à cette église romane.


Chœur de l'Eglise

 Chapelle de la Vierge Marie

   

L’église de Chaneins, placée sous le vocable de Notre Dame de l’Assomption, est située au cœur du village. Elle a été enfin rendue au culte le 24 mars 2014 après 10 ans de travaux.

Ce patrimoine ancien (XIIème siècle), important pour la commune, a été restauré avec l’aide de l’Etat, de la collectivité et de l’association paroissiale.

Les travaux ont été supervisés par Mme Penez, conservatrice des antiquités et objets d’art de l’Ain et par M. Cattin, ancien directeur des archives de l’Ain, et suivis par le cabinet d’architecture Barillot. Le Maître d’ouvrage était représenté par G. Charveriat, conseiller municipal de la commune de Chaneins.

 

Nous vous invitons à visiter maintenant cette église en commençant par l’extérieur...

L'église était antérieurement entourée d’un cimetière transféré à l’entrée ouest du village ; seules traces subsistantes : deux pierres tombales appuyées aux murs sud (famille Berthelon) et nord (famille Charveriat).

Comme beaucoup d’églises de notre région elle a été profondément modifiée au cours des siècles ; romane (XII è siècle) dans sa partie la plus ancienne l’abside, gothique (XVIe siècle) pour les chapelles, on lui a adjoint au XIX è siècle un clocher néo gothique. 

Les récents travaux de restauration extérieur ont fait ressortir toute la beauté de cette église en faisant apparaitre partout où cela était possible les carrons, les pierres , les galets et les belles fenêtres gothiques des trois chapelles.

L’ancien clocher roman carré se trouvait à la jonction  de l’abside et de la nef ; menaçant ruine il fut démoli en 1864 et remplacé par l’actuel clocher.

Partant du perron par la droite on découvre au sommet du mur sud trois   importantes gargouilles en calcaire jaune ; ces animaux grotesques (XV è siècle)  servaient à l’écoulement des eaux de pluie ; ils étaient alimentés par une rigole en pierre dissimulée maintenant sous la toiture, elle-même remaniée à plusieurs reprises.

En dessous se trouve la très belle fenêtre gothique de la chapelle Saint Joseph, puis encadrée par un mur alternant galets et carrons celle de la chapelle de la Vierge.

Poursuivant notre tour nous longeons l’ancien presbytère pour atteindre le chevet roman (XII è siècle) soutenu par  2 contreforts ; il est recouvert de tuiles écailles et l’arase est ceinte d’une corniche sobrement moulurée ; remarquons parmi les modillons soutenant la corniche une tête d’angelot. On remarquera les cinq fenêtres en plein cintre dont  seulement trois en pierre sont d’origine.

Le mur nord est agrémenté par les  deux très belles fenêtres gothiques des chapelles Saint Roch et Saint Benoit enchâssées dans un mur en galets et carrons.

   

Nous allons ensuite visiter l’intérieur...

En forme de croix latine l’église, toute simple et plafonnée, mesure 37 m de long et 10/15 m de large.

Une porte permet d’accéder au clocher qui héberge 2 cloches : l’une Zoe de 848kgs et l’autre de 402 kg fondues en 1837.

Si l’on part du fond de l’église on remarquera à droite un bénitier octogone en pierre et à droite les fonts baptismaux en forme de coquille Saint Jacques  puis on arrive aux chapelles.

A droite Saint Joseph la plus remarquable des chapelles gothiques est recouverte du haut en bas de peintures d’une fraicheur remarquable, découvertes lors des sondages effectués en 2001 et inscrites depuis à l’inventaire supplémentaire de la liste des objets classés .Les deux importantes tables en pierre gravées  comportent une petite énigme ; en effet l’inscription latine se termine par le texte suivant :si tu veux connaitre l’auteur de cette œuvre   prend la 1è lettre de chaque ligne (Johannès Chabodus sacerdos magister hoc horatorium fieri fecit 1505 MICP) ce qui signifie » Messire Jean Chabod prêtre a fait faire cette œuvre en 1505 »permettant ainsi de dater ces peintures avec précision.

Ces peintures pas encore restaurées représenteraient pour les plus anciennes un calvaire tel que Jean Chabod en a vu un dans une église de Rome (début XVIe), les plus récentes devaient représenter un rosaire avec Saint Dominique (XVIIe).

On peut voir dans cette chapelle une piscine gothique sous le vitrail, une porte donnant accès à l’ancienne sacristie et au sol, l’entrée d’un caveau.

Tout de suite après la chapelle, on découvre sur le mur de la nef, une peinture de la même époque représentant Saint Benoit, fondateur de l’ordre des Bénédictins, posant la main sur l’épaule du donateur de la chapelle située de l’autre côte de la nef et qui porte, gravée dans la pierre, le nom du donateur B. Bachelart.

Vient ensuite la chapelle de la Vierge redécorée en 1901.

Sur le mur nord de la nef, se trouve deux chapelles gothiques dédiées à Saint Roch et Sainte Philomène ; cette dernière s’ouvre sur la nef par un arc  de style flamboyant, fleuri  et mouluré datable du XV è siècle  et comporte une piscine de même style. 

Entre les  2 chapelles on a restauré une partie de la litre funéraire (bande noire) qui faisait à l’origine le tour de la nef et sur laquelle on peignait le blason des seigneurs lors de leur décès ;en dessous on découvre un groupe de 2 pèlerins de St Jacques de Compostelle ,celui debout à droite est probablement Saint Roch car il relève sa robe pour laisser voir le bubon sur sa cuisse, l’autre  à gauche  agenouillé  avec son bourdon et son grand chapeau prie Saint Roch .Le tout datable du XVI è siècle est malheureusement très abimé.

Une très belle grille en fer forgé  de style XVIIIe sépare la nef du chœur -->    

Si l’on avance vers l’abside en cul de four, on passe devant la sacristie construite en 1861 puis devant l’autel (ancien et très important pétrin) puis sous un vaste arc ogival sous lequel est accroché un grand Christ en Croix en bois peint du XVIIIe.

Nous sommes maintenant dans l’abside, partie la plus ancienne de l’église ; elle est éclairée par cinq fenêtres en plein cintre reposant sur dix colonnes cylindriques jumelées et un bahut à hauteur d’appui au boudin rond. Les chapiteaux sont finement ornés de figurations végétales de deux types : feuilles d’eau et feuilles d’acanthe.

Seules trois des cinq ouvertures sont d’origine romane.

Les vitraux installés en 1864 représentent la Sainte Famille : au centre le Christ bénissant avec une cape rouge, à gauche la Vierge Marie et à droite St Joseph.

          

Le grand baptistère ancien  en calcaire blanc a été installé en 2004.

En 2009 le maitre verrier Geiss a crée  cinq nouveaux vitraux décorant les chapelles gothiques ainsi que les fenêtres au fond de la nef.

Un chemin de croix du XIX è siècle à quatorze stations fait le tour de la nef ; un certain nombre de statues polychromes du XXe siècle en plâtre peint décorent l’église, celle de  Ste Philomène en bois doré est la plus remarquable.

Les bancs en bois de chêne (XIXe siècle) sont numérotés et certains portent encore les noms des familles qui les occupaient : 1 Charveriat, 2 Berthelon, 15 Odet, 20 Savigny…